L'EPFL s'engage pour créer la «confiance numérique»

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Le président de l’EPFL, Martin Vetterli, annonce aujourd’hui la création du EPFL Center for Digital Trust. Huit partenaires institutionnels et industriels sont en discussion avec l’EPFL afin de rejoindre cette plate-forme, qui deviendra un pôle de référence en matière de sécurité informatique, de protection des données et de respect de la vie privée dans le monde numérique.

«La digitalisation est souvent comparée à une grande vague qui déferle sur le monde. Le monde a besoin de repères pour apprendre à la surfer en toute confiance.» Martin Vetterli, président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), veut contribuer à créer cette confiance, indispensable à une société démocratique et ouverte, à la protection de l’individu ainsi qu’à la prospérité économique. Afin d’y répondre, il annonce aujourd’hui, à l’occasion de la Journée de la cybersécurité 2017 (www.cybersecurityday.ch) qui se tient à l’EPFL en présence du Conseiller fédéral Guy Parmelin, la création du EPFL Center for Digital Trust.

Du simple citoyen aux entreprises multinationales, chacun est aujourd’hui confronté au développement de nouveaux outils, de nouvelles manières de travailler qui s’appuient sur les progrès de l’informatique et ont ouvert le champ de l’«industrie 4.0»; les entreprises seront amenées à réinventer leurs modèles d’affaires. Ces enjeux sont au cœur de l’attention du monde économique comme politique. Plus de 80 interventions parlementaires ont été récemment enregistrées en Suisse à ce sujet.

La Suisse au cœur des opportunités
Cette digitalisation et ses enjeux sont une réelle opportunité pour la Suisse. De par sa tradition de neutralité et son savoir-faire reconnu par de nombreuses institutions internationales, notre pays est idéalement placé afin d’établir les jalons de cette nouvelle «confiance numérique». «Cette notion est au cœur de notre démarche, souligne Jean-Pierre Hubaux, directeur académique du Centre. Nous voulons devenir une plate-forme de référence, où chaque partenaire, quelle que soit son utilisation de services numériques, pourra trouver des réponses à ses ambitions et à ses craintes.»

Trois piliers sont nécessaires afin d’établir un climat de confiance dans un monde dématérialisé: la cybersécurité, bien sûr, qui doit garantir que les données circulant sur les réseaux ne puissent pas être piratées; la transparence quant aux processus et à la façon dont ces données sont distribuées et stockées; la protection de la sphère privée, enfin, pour garantir que les informations personnelles, médicales ou financières par exemple, ne seront pas diffusées à des tiers non autorisés. Le EPFL Center for Digital Trust développera des solutions en parallèle sur chacun de ces trois thèmes.

Des partenaires au contact avec la population et l’industrie
Dès son lancement, le Centre s’allie à un panel de partenaires de premier rang. L’EPFL, dont les compétences en matière de cybersécurité, de cryptographie, de protection des données sensibles et de technologies de type blockchain et smart contracting sont reconnues, pourra compter sur le soutien de partenaires industriels et institutionnels, dont beaucoup ont déjà accepté d’entrer en matière: le Comité international de la Croix-Rouge, le CHUV, ainsi que les sociétés ELCA, SICPA, Swisscom, Swissquote, SGS et SwissRe.

Le rôle de ces partenaires, en contact direct avec la population et l’industrie, sera à la fois de mettre au jour les besoins et les préoccupations de leurs interlocuteurs quant au monde numérique, et d’associer leurs propres spécialistes avec des chercheurs de l’EPFL pour résoudre des problèmes concrets. Ils contribueront également au financement du Centre.

Deux nouvelles chaires, 24 laboratoires impliqués
L’EPFL ouvre pour sa part deux nouvelles chaires d’enseignement et de recherche, dont le recrutement est déjà en cours. Celles-ci s’ajouteront aux 24 laboratoires, de diverses facultés (Informatique et communication, Sciences de la vie, Collège de management de la technologie) travaillant déjà en lien avec ce domaine. «C’est un véritable écosystème, ouvert sur le monde, reprend Jean-Pierre Hubaux. Les défis sont tels qu’il serait illusoire de penser pouvoir les résoudre sans une approche résolument transversale.» En ligne de mire, le développement d’outils et de «trust technologies» destinés à instaurer un climat de confiance durable entre les utilisateurs et les fournisseurs de services, afin de renforcer leur adoption et en tirer le meilleur parti.

Ambitieux dès sa conception, ce Centre connaît un coup d’accélérateur grâce à la décision du Parlement fédéral de limiter l’ampleur des restrictions budgétaires touchant le domaine de la Formation, recherche et innovation. L’EPFL saisit cette opportunité pour investir dans des recherches qui, en plus de répondre aux enjeux déjà identifiés, anticipent ceux qui ne manqueront pas de se profiler à l’avenir.

Soutien de la Conférence des Chefs de Département de l’Economie publique de Suisse occidentaleLa Conférence des Chefs de Département de l’Economie publique de Suisse occidentale (Vaud, Neuchâtel, Valais, Genève, Berne, Fribourg, Jura), actuellement présidée par le Conseiller d’Etat Pierre Maudet, salue l'initiative: «Ce nouveau partenariat public-privé positionne la Suisse comme un acteur clef de la cybersécurité et de la confiance digitale dont le monde a besoin. Nous appelons toutes les entreprises et institutions intéressées à la rejoindre.» Le Conseiller d'Etat Philippe Leuba, en charge des relations entre le gouvernement vaudois et l'EPFL en lien avec l’innovation, abonde dans ce sens: «Notre région accueille des entreprises et institutions à la pointe du développement digital qui attirent des investissements internationaux de premier plan. Qu’elles soient pionnières de ce nouveau partenariat avec l'EPFL est très prometteur pour le développement de l'industrie 4.0 dans notre pays.»


Auteur: Emmanuel Barraud

Source: EPFL